
Contrairement aux prêts accordés par les banques commerciales, les prêts du FAD ne comportent pas d’intérêts et offrent une échéance beaucoup plus longue (jusque 50 ans), assortie d’un différé d’amortissement de 10 ans. Toutefois, ils sont soumis à une commission de service de 0,75 % par an sur l’encours, et à une commission de 0,50 % par an sur les engagements non décaissés. En outre, le FAD octroie des dons aux pays dont le risque de surendettement est jugé modéré ou élevé, et dont la capacité de remboursement s’avère, de ce fait, limitée. De plus, les ressources du FAD se sont réduites dans les années 70 et 80, ne permettant de prêter que des volumes restreints. En conséquence, le réemploi des ressources (provenant du remboursement des prêts) reçues à ce jour, d’un niveau insuffisant, ne permettent pas d’accorder de nouveaux financements substantiels, qui permettraient de répondre aux besoins en développement du continent. Les ressources du FAD doivent donc être reconstituées régulièrement, par le versement de contributions. Un certain nombre de pays affichant des progrès certains dans leur développement économique et social, ils devraient passer du guichet des ressources concessionnelles à celui des ressources non concessionnelles du Groupe de la Banque. EN conséquence de quoi, le volume de ressources réemployées devraient augmenter, et répondre, par là même, aux attentes originelles du FAD : devenir un Fonds autofinancé et renouvelable.

Depuis sa création en 1972, les pays donateurs renouvellent les ressources additionnelles du Fonds à un rythme triennal. Les gouverneurs des pays donateurs (au nombre de 27 à ce jour) désignent chacun un représentant. Ces représentants sont dits les “plénipotentiaires” du FAD. Les plénipotentiaires du FAD, la Direction de la Banque et quatre pays membres régionaux dotés du statut d’observateur participent à trois-quatre réunions d’importance, qui se tiennent en divers lieux et s’étalent sur environ neuf mois. Celles-ci constituent, dans leur ensemble, le processus de ce que l’on nomme la reconstitution des ressources. Au cours de ces réunions, les participants étudient la façon dont les ressources du FAD ont été dépensées au fil des trois années écoulées, soit durant le cycle triennal du FAD. Les participants discutent de sujets tels que les résultats obtenus en termes de développement, les perspectives et capacités financières du Fonds sur le long terme, le cadre stratégique et les priorités opérationnelles pour les trois années à venir. Les donateurs annoncent leurs contributions respectives lors de la réunion finale. Pour chaque reconstitution des ressources, une revue à mi-parcours est produite, 18 à 20 mois environ après son entrée en vigueur. La revue à mi-parcours fait office de mécanisme de suivi et de responsabilisation, de façon à ce que le Fonds rende compte des progrès accomplis et que les plénipotentiaires du FAD en aient un suivi précis et afin d’ajuster, si nécessaire, les politiques et procédures principales. L’allocation annuelle des ressources FAD aux PMR éligibles est un processus en six étapes : Premièrement, une provision est faite pour l'enveloppe dédiée aux opérations régionales et à la Facilité en faveur des États fragiles (FEF). Pour le cycle du FAD-12, une provision de 1,164 milliard d'UC (soit 20 % du total des ressources) a été constituée pour la FEF ; Deuxièmement, tous les pays FAD reçoivent une allocation minimale, fixée actuellement à 5 millions d’UC par cycle, soit 1,67 million d'UC par an ; Troisièmement, les ressources restantes sont allouées aux pays éligibles sur la base des évaluations annuelles de la performance et de leurs besoins respectifs, selon la formule dite “Allocations basées sur la performance” (ABP) ; Quatrièmement, les modalités de financement propres à chaque pays (prêts, dons ou combinaison prêts/dons) sont déterminées sur la base du cadre conjoint de viabilité de la dette de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international ; Cinquièmement, l’annulation de dette consentie en faveur des PMR éligibles au FAD, au titre de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM), est déduite de l’allocation du pays bénéficiaire. Et les ressources fournies par les donateurs pour compenser le FAD sont ensuite réaffectées aux pays exclusivement FAD, par le biais du système ABP; Enfin, toutes les allocations dont le montant est inférieur à 5 millions d'UC sont complétées pour atteindre ce seuil minimum requis.

Comme la plupart des autres banques multilatérales de développement (BMD), la BAD a mis en place un système d’allocation basée sur la performance (ABP), grâce auquel les ressources du FAD sont distribuées suivant une méthodologie qui tient compte, tout à la fois, des performances des politiques et des institutions de ses pays membres régionaux (PMR) éligibles, et de leurs besoins en développement. Durant les négociations relatives à la reconstitution des ressources du FAD-13, des options qui permettent d’améliorer le système ABP pour déterminer les allocations pays ont été présentées aux plénipotentiaires du FAD. En continuant de mettre l’accent sur la performance, dans le domaine de la gouvernance notamment, tout en préservant la simplicité du système, ces options visent un triple objectif : i) aligner la méthodologie d’allocation sur les priorités stratégiques et régionales du Fonds ; ii) garantir un engagement conséquent dans les pays bénéficiaires, par le biais des allocations pays ; et iii) renforcer le cadre ABP pour les États fragiles. L’adaptation du système ABP de la Banque a contribué à ce qu’il soit consolidé et reconnu par les PMR, qui y voient l’avantage d’une approche transparente et pertinente pour le calcul des allocations ABP. Cependant, compte tenu du fait que l’Afrique et la Banque ont connu d’importants changements depuis le FAD-11, la Direction estime qu’il faut l’ajuster pour qu’il accompagne au mieux ces changements. Cette démarche s’inscrit dans lignée de ce que pratiquent d’autres BMD, qui ont également adapté leur système ABP respectif au fil du temps.